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Entretien Avec ...
Monsieur Georges Anga MIESSI
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Beaucoup parmi nous sont curieux de savoir les origines et l’histoire de notre association Ivoire Alliance. Monsieur Georges Anga MIESSI, l'un des pionniers et membre fondateur, nous en donne un bel aperçu et même des détails croustillants. Bonne lecture!

Bonjour cher aîné. Merci d’avoir accepté d’instruire les membres et sympathisants de Ivoire Alliance à travers cet entretien. Tout d’abord, permettez qu’on vous présente aux lecteurs.

Je me nomme Miessi Angah Georges. Je suis originaire de Sahuyé, village d’environ 10.000 habitants situé dans la sous-préfecture de Sikensi. Ceux qui connaissent bien la géographie de la Côte d’Ivoire se retrouveront (ndlr). Je vis dans la ‘’San Francisco Bay Area’’ depuis Octobre 1980. Je suis marié à Joan et père de deux filles, Yaba Georgette et Ausett Loweyi.

Professionnellement, quel a été votre parcours et comment vous occupez-vous aujourd’hui, même en dehors du travail?

Je suis ingénieur en génie mécanique, spécialisé dans la mécanique des contraintes et de la rupture. Mon cursus scolaire comprend le Collège Moderne de Dabou, le Lycée Technique d’Abidjan, la Faculté des Sciences de l’Université Nationale D’Abidjan et Stanford University (Palo Alto, Californie) où j‘ai obtenu une Maîtrise des Sciences en Génie Mécanique. La majeure partie de ma carrière professionnelle s’est passée chez Structural Integrity Associates, une compagnie de consulting avec comme clients principaux les centrales d’énergie nucléaire. Après plus d’une vingtaine d’années avec Structural Integrity Associates où j’étais devenu le Chef du Département de Mécanique de la Rupture, j’ai décidé de m’engager dans le domaine de l’agro-industrie en Côte d’Ivoire.
Mes centres d’intérêts en dehors du travail sont les activités communautaires, la lecture, le sport, la musique et les voyages de découverte. J’ai toujours été passionné par tout ce qui concerne le développement d’une communauté, que ce soit la petite association d’élèves ou le conseil municipal d’une ville. La possibilité d’avoir un impact direct sur son propre sort et celui de son environnement en se regroupant et se faisant entendre par qui de droit m’a toujours fasciné. Actuellement, je suis le Président du Conseil d’Administration de EPA CAN DO (East Palo Alto Community Alliance and Neighborhood Development Organization), une ONG chargée de l’habitat et du développement économique à East Palo Alto et je suis aussi membre du comité exécutif du Comité de Jumelage San Francisco-Abidjan.

Nous rentrons dans le vif du sujet à présent. Bien que membres, nombreux sommes nous qui ne connaissons pas l’historique d’Ivoire Alliance. Pouvez-vous nous en faire brièvement la genèse?

Au moment de la création de l’association en 1985, nous n’étions qu’environ une vingtaine d’Ivoiriens résidant dans la Bay Area. Au risque d’oublier certaines personnes, je me souviens des membres suivants qui formaient le noyau: Célestin Brou, Denis Brou, Pierre Brou, Emmanuel Nado, William Nado, Charles Oguié N’Cho, Blaise Gnagno, Ousmane Keita, Myriam Allouko et Isabelle Allouko.
Le premier nom de l’association était AINCA (Association des Ivoiriens dans le Nord de la Californie). Les motifs de sa création restent essentiellement les mêmes qui continuent de régir les activités de l’association aujourd’hui : rassembler les ressortissants ivoiriens dans une organisation apolitique à but non lucratif afin de se connaitre, s’entraider et, autant que possible, apporter une contribution au développement de la Côte d’Ivoire, notre mère patrie.
Les activités de l’AINCA étaient devenues de moins en moins fréquentes après quelques années en partie à cause du petit nombre de ressortissants et du fait que nous étions plus ou moins comme des pionniers ici, cherchant à nous établir dans un nouvel environnement. Ainsi, l’association fonctionnait plutôt comme un club d’amis sans la rigueur d’un règlement intérieur par exemple. C’est dans ce contexte que L’AINCA s’est inexorablement dissoute après quelques années.
En 1996, l’association a été reconstituée sous l’appelation Ivoire Anouanzé grâce à l’initiative de Pierre Brou, qui en fut le premier président. Cette fois, un règlement intérieur fut adopté et l’association fut légalisée par enregistrement auprès du Secretary of State of California. Pierre Brou a passé le flambeau de la présidence à Alexandre Kouamé en 1997 ; Sylvain Koffi prit la relève en 1998 puis Adahi Kacou élu le 7 Novembre 1999. J’étais le vice-président dans le bureau que dirigeait Adahi Kacou.
C’est le 5 Mars 2000 que Ivoire Anouanzé a été changé pour devenir Ivoire Alliance. J’ai eu l’honneur de prendre les rênes d’Ivoire Alliance en Avril 2000 lorsque Adahi Kacou a rendu sa démission. Je suis resté à la tête jusqu’en Juin 2004, année où André Kouamé gracieusement me succéda. Je dis gracieusement parce que diriger l’association apparaissait comme une très lourde tâche compte tenu du climat de méfiance et de discorde qui sévissait dans la communauté. En effet, bien que tous les efforts aient été faits pour qu’elle demeure apolitique, les diverses crises politiques de Décembre 1999, Octobre 2000 et Septembre 2002 en Côte d’Ivoire avaient eu des effets néfastes sur la cohésion de la communauté. C’est toujours un grand défi de convaincre tous les membres d’une association d’éviter de laisser leurs divergences politiques avoir des répercussions sur les activités de l’association. Après plusieurs années à la tête d’Ivoire Alliance où il a été confronté à un problème de succession dû à la crise interne mentionnée ci-dessus, André Kouamé a passé le flambeau à l’actuel président Désiré Andjou le 19 Janvier 2014.

Quel bilan faites vous de l’association : depuis sa création jusqu'à ce jour ?

D’un point de vue général, l’association a un bilan que je qualifierais de positif. Il faut prendre en compte plusieurs choses lorsqu’on évalue une organisation comme Ivoire Alliance. A priori, l’on se doit de se demander si, toutes circonstances considérées, l’association a atteint son objectif principal, sa mission et a justifié sa raison d’être.
Dans ce contexte, je pense alors que Ivoire Alliance réussit à rassembler les ressortissants ivoiriens dans le nord de la Californie malgré toutes les difficultés qu’elle doit affronter. Cependant, bien que je le juge positif, il serait peu sincère de ma part de dire que je suis complètement satisfait du bilan de l’association, sachant bien qu’il y a encore beaucoup à faire pour accomplir tous les volets de sa mission, y compris la promotion de la culture ivoirienne en Californie et l’établissement de programmes d’échange entre la Côte d’Ivoire et les Etats-Unis. Ces objectifs seront plus faciles à accomplir en augmentant la participation effective d’un plus grand nombre des membres de la communauté.
Je suis, tout compte fait, très encouragé par le progrès continu que je constate depuis la reprise normale des activités de l’association en 2014. Je félicite l’actuel bureau pour les initiatives qu’il ne cesse de prendre afin d’amener plus d’harmonie au sein de la communauté et d’accroître les opportunités de networking et d’entraide parmi les membres de l’association. Ayant obtenu le cachet fédéral d’une ONG de 501c3, Ivoire Alliance est positionnée mieux que jamais pour poser des actes de plus grande envergure.

Au sein d’Ivoire Alliance, on retrouve diverses compétences professionnelles. Selon vous, comment parvenir à mettre tout cela au profit de la communauté et au-delà au profit de la Côte d’Ivoire?

Je pense que tout commence par la communication. Afin que les diverses compétences professionnelles soient mises au profit de la communauté, il faut d’abord que l’on sache qu’elles existent. C’est donc un vrai exemple de l’adage « information is the key ». Par conséquent, en augmentant la qualité et la fréquence des rencontres entre les membres de l’association, que ce soit dans le cadre social ou celui des ateliers de formation, le bureau offre des opportunités de networking permettant à la communauté de se connaitre plus et connaitre les compétences et ressources qui existent en son sein.
Bien que toute compétence professionnelle ne soit pas directement utile à la communauté, les conseils et le partage des expériences professionnelles, personnelles et les relations avec des mentors peuvent être très utiles à tout un chacun. Pour les compétences professionnelles qui sont directement consommables par la communauté dans les domaines tels que les assurances, l’immobilier (real estate), les arts et culture, les membres de l’association peuvent déjà bénéficier du support de la communauté en tant que première consommatrice et, ipso facto, agent publicitaire.
Quant au 2e volet de la question, nul n’ignore l’apport important de la diaspora aux pays d’origine, même si cet apport n’est généralement pas canalisé par une association ou organisation quelconque. Ainsi, la Côte d’Ivoire bénéficiera automatiquement dès lors que la communauté dans la Bay Area deviendra de plus en plus prospère. En outre, avec le temps, l’association peut réunir les compétences professionnelles et avoir un programme d’assistance directe aux populations de la Côte d’Ivoire.

Avant de conclure cet entretien, pourriez-vous nous dire quel futur vous entrevoyez pour Ivoire Alliance.

Le futur d’Ivoire Alliance est très prometteur, vu les diverses activités engagées par l’actuel bureau. En tant qu’une ONG avec le statut fédéral 501c3, l’association a maintenant un cachet rehaussé qui devrait lui permettre d’obtenir plus facilement les ressources nécessaires pour accomplir ses projets. J’envisage que dans un futur proche l’association pourra par exemple offrir à ses membres des rabais négociés avec certaines entreprises. En collaboration avec d’autres ONG comme le Comité de Jumelage San Francisco – Abidjan, l’association pourrait aussi promouvoir des échanges concrets entre la Bay Area et la Côte d’Ivoire dans les domaines tels que la santé, le business, l’éducation et les arts.
Je pense que tous ceux qui sont à l’origine de l’association et tous ceux qui se sont investis dans ses débuts sont encore naturellement attachés à elle, de près ou de loin, et veulent la voir réussir comme tout parent a des aspirations de succès pour son enfant. La plus importante contribution que les membres fondateurs et autres pionniers peuvent apporter à l’association c’est d’épauler le bureau et servir de facto comme des conseillers ou mentors, quel que soit leur niveau de participation active qui peut varier selon les circonstances. Je les encourage donc dans ce sens

M. Anga Miessi, merci beaucoup d’avoir pris de votre temps pour échanger avec nous et pour toutes les informations et conseils précieux que vous avez partagés.

Je vous remercie de m’avoir invité et de m’avoir offert cette plateforme pour communiquer avec les lecteurs. Je profite de l’occasion pour vous féliciter pour tous les efforts que vous faites pour tisser des liens plus solides entre les ressortissants de la Côte d’Ivoire et leurs amis dans le nord de la Californie.

Texte d’origine édité par l’équipe de rédaction

Entretien réalisé par Pascal Oguié N’Cho et Adrien Niamkey N’Guessan

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